Bobine de déclenchement à émission (MX) et bobine à manque de tension (MN) : que choisir ?
bobine à émission de courant: La bobine à émission (MX) ouvre le disjoncteur lorsqu’une tension lui est appliquée et convient à la coupure d’urgence, à la détection incendie et à la commande à distance, tandis que la bobine à manque de tension (MN) ouvre le disjoncteur dès que la tension disparaît et s’impose partout où le circuit doit basculer en position sûre en cas de perte d’alimentation.
Sommaire
Dès qu’un disjoncteur doit être ouvert indépendamment de sa manette, deux auxiliaires entrent en jeu : la bobine à émission de courant et la bobine à manque de tension. Toutes deux ouvrent l’appareil, mais selon des logiques exactement inverses, et un mauvais choix peut rendre une chaîne d’arrêt d’urgence silencieusement inopérante. Cet article détaille les principes de fonctionnement, les besoins d’alimentation, les scénarios types et les règles de câblage dans le cadre de la CEI 60947-2.
Fonctionnement de la bobine à émission (MX)
La bobine à émission est un électroaimant qui libère le mécanisme et ouvre le disjoncteur lorsque la tension assignée est appliquée à ses bornes. L’ordre provient généralement d’un bouton, d’un contact de relais ou d’un contact sec du système de détection incendie, et il est donné sous forme d’impulsion. Comme la bobine n’est pas prévue pour une alimentation permanente, le circuit doit être coupé par un contact auxiliaire dès l’ouverture, sous peine d’échauffement et de destruction. Le dispositif reste fiable tant que la tension de commande est présente, mais aucun déclenchement n’a lieu si l’alimentation manque.
Fonctionnement de la bobine à manque de tension (MN)
La bobine à manque de tension fonctionne à l’inverse : elle reste alimentée en permanence et la présence de tension conditionne le maintien en position fermée. Lorsque la tension descend entre environ 35 et 70 pour cent de la valeur assignée, la bobine retombe et le disjoncteur s’ouvre ; la fermeture reste interdite tant que la tension n’a pas dépassé environ 85 pour cent. Ce comportement empêche le redémarrage spontané des moteurs après une coupure et crée une chaîne d’arrêt d’urgence à sécurité positive. Une rupture du fil de commande fait également retomber la bobine, si bien qu’un défaut de câblage ne peut pas rester invisible.
Quel modèle pour quel scénario ?
Pour les fonctions courantes comme le déclenchement à distance, la coupure pilotée par la centrale incendie ou la commande par SCADA, la bobine à émission suffit et reste économique. En revanche, pour les boutons d’arrêt d’urgence, les interrupteurs de sécurité de porte, le verrouillage avec un sectionneur de barres et tous les circuits soumis à des exigences de sécurité machine, la bobine à manque de tension s’impose car toute coupure de la boucle de commande bascule automatiquement du côté sûr. Les installations critiques associent souvent les deux : la MN pour la chaîne de sécurité, la MX pour le déclenchement d’exploitation. Le tableau ci-dessous compare les deux comportements.
Alimentation, tolérance de tension et contacts auxiliaires
| Caractéristique | Bobine à émission (MX) | Bobine à manque de tension (MN) |
|---|---|---|
| Déclenche quand | La tension est appliquée | La tension disparaît |
| Consommation permanente | Aucune, ordre impulsionnel | Oui, alimentation continue |
| Fil de commande coupé | Non détecté, pas de déclenchement | Déclenchement automatique |
| Usage typique | Commande à distance, incendie | Arrêt d’urgence, sécurité machine |
| Réenclenchement | Libre | Impossible sans retour de tension |
| Sécurité positive | Faible | Élevée |
La tension d’alimentation est généralement définie en 24, 48, 110 ou 220 V continu, ou 230 V alternatif, et doit correspondre à l’architecture des auxiliaires du tableau. Dans les installations critiques, une source continue secourue par batterie garantit le déclenchement même en absence de réseau, ce qui rend le continu fortement recommandé lorsqu’une bobine MX assure un scénario incendie. L’état de l’appareil doit être suivi par les contacts auxiliaires (OF), le contact de signalisation de déclenchement (SD) et le contact de disponibilité. Même avec de faibles sections, la chute de tension sur les longues liaisons ne doit jamais faire passer la bobine sous son seuil d’appel.
Mise en service, essais et erreurs fréquentes
L’erreur la plus répandue consiste à laisser une bobine à émission alimentée en permanence par un contact maintenu, ce qui la détruit en quelques minutes. La deuxième consiste à croire qu’un disjoncteur équipé d’une bobine à manque de tension est défectueux parce qu’il refuse de se fermer à la mise en service, alors que la bobine n’est simplement pas alimentée. Les deux auxiliaires doivent être testés selon le scénario réel lors de la mise en service, en vérifiant le temps d’ouverture et la signalisation à l’appui sur le bouton d’arrêt d’urgence. Un essai fonctionnel au moins annuel est le seul moyen de prouver que la bobine fonctionne encore sur site.
Points clés: bobine à émission de courant
- Utiliser une MN dans les chaînes de sécurité — Une rupture du fil de commande ouvre quand même le disjoncteur, d’où une sécurité positive réelle.
- Commander la MX par impulsion — Un contact auxiliaire doit couper le circuit dès l’ouverture pour ne jamais maintenir la bobine sous tension.
- Choisir le continu pour les déclenchements critiques — Une source continue secourue garantit l’ordre de déclenchement même sans réseau.
- Planifier les essais fonctionnels — Tester le scénario réel au moins une fois par an reste la seule preuve de bon fonctionnement.
- Source normative — catalogue des publications IEC: iec.ch.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si une bobine à émission reste alimentée ?
Conçue pour de brèves impulsions, elle s’échauffe rapidement et son bobinage est généralement endommagé en quelques minutes. Le circuit de commande doit donc être coupé par un contact auxiliaire dès l’ouverture du disjoncteur. Certains constructeurs intègrent ce contact dans la bobine, mais il faut le vérifier projet par projet.
Sur quelle bobine raccorder un bouton d’arrêt d’urgence ?
Dans les applications soumises à des exigences de sécurité machine, le bouton d’arrêt d’urgence doit être câblé en série avec la bobine à manque de tension. Le disjoncteur s’ouvre alors aussi bien à l’appui sur le bouton qu’en cas de rupture du fil. Une bobine à émission ne détecte pas la rupture et l’arrêt d’urgence pourrait rester inopérant sans que personne ne s’en aperçoive.
Pourquoi un disjoncteur avec bobine MN refuse-t-il de se fermer ?
La bobine à manque de tension interdit mécaniquement la fermeture tant qu’elle n’est pas alimentée. La tension doit dépasser environ 85 pour cent de la valeur assignée et tous les contacts de la chaîne d’arrêt d’urgence doivent être fermés. On confond souvent cette situation avec une avarie à la mise en service, alors qu’il s’agit du comportement prévu.
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