
Capacité de courant des jeux de barres et calcul de déclassement
Capacité de courant des jeux de barres: Les facteurs qui limitent la capacité de courant des barres, les coefficients de déclassement et un exemple de calcul détaillé.
SommaireLa capacité de courant des jeux de barres est le courant qu’une section donnée peut véhiculer en permanence sans dépasser ses limites d’échauffement. La valeur indiquée au catalogue pour une barre cuivre 60×10 mm et le courant que cette même barre peut réellement transporter dans une enveloppe étanche, à 50 °C, parmi quatre barres juxtaposées, ne sont pas la même grandeur. Le déclassement est le calcul qui comble cet écart.
Pourquoi la valeur catalogue n’est pas directement utilisable
Les tableaux de catalogue sont établis pour des conditions de référence définies : en général 35 °C ambiants, air libre, montage vertical, barre unique et état de surface précisé. Un tableau réel ne satisfait exactement aucune de ces conditions. La barre est enfermée dans un compartiment, les barres voisines se réchauffent mutuellement, l’air chaud montant de la zone câbles s’accumule dans la gaine, et l’indice de protection limite la ventilation naturelle. En pratique la capacité réelle se situe souvent 20 à 35 % en dessous de la valeur catalogue.
Les facteurs de déclassement
| Facteur | Effet | Plage de coefficient typique |
|---|---|---|
| Température ambiante | Facteur dominant : chaque degré au-delà de 35 °C réduit la capacité | 0,95 – 0,60 |
| Orientation de montage | Une barre sur chant refroidit mieux qu’une barre à plat | 0,90 – 1,00 |
| Proximité et nombre de barres | Des barres juxtaposées gênent leur propre évacuation thermique | 0,80 – 0,95 |
| Indice de protection | À partir d’IP54 la ventilation naturelle est quasi nulle | 0,75 – 0,95 |
| État de surface | Une surface peinte ou oxydée rayonne mieux | 1,00 – 1,10 |
| Altitude | Au-delà de 1000 m la densité de l’air baisse et la convection faiblit | 0,92 – 1,00 |
| Taux d’harmoniques | Effets de peau et de proximité augmentant la résistance effective | 0,85 – 1,00 |
Calcul de déclassement pas à pas
La logique est simple : on part de la capacité en conditions de référence et on la multiplie par tous les coefficients applicables pour obtenir la capacité réelle.
- Déterminer le courant assigné de l’arrivée et le profil de charge réel
- Relever la capacité de référence de la section retenue dans le tableau applicable
- Appliquer le coefficient de température ambiante en retenant le cas le plus défavorable du cahier des charges
- Appliquer les coefficients d’orientation, de proximité et de nombre de barres
- Appliquer le coefficient d’enveloppe selon l’IP et la ventilation
- Ajouter, le cas échéant, les coefficients d’altitude et d’harmoniques
- Comparer le résultat au calibre de l’arrivée et augmenter la section ou le nombre de barres si nécessaire
Exemple : une section donnée pour 1600 A en conditions de référence, évaluée avec 0,78 pour 50 °C ambiants, 0,90 pour trois barres juxtaposées et 0,88 pour une enveloppe IP54, tombe à environ 1600 × 0,78 × 0,90 × 0,88 = 1098 A. Cette section ne convient donc pas à une arrivée de 1600 A : il faut augmenter la section, ajouter une barre ou prévoir une ventilation forcée. Sur l’influence du matériau, voir notre comparaison cuivre / aluminium.
Limites d’échauffement et CEI 61439
La CEI 61439-1 fixe des limites d’échauffement pour les différentes parties d’un ensemble. Pour les barres et les raccordements, la limite dépend de l’isolant et de la visserie employés ; une cible de conception courante pour le cuivre correspond à une température absolue voisine de 105 °C, soit une élévation de 70 K par rapport à une référence de 35 °C. Les limites sont bien plus basses pour les organes de manœuvre manuels, les portes et les surfaces extérieures accessibles.
Le respect de ces limites se démontre soit par un essai complet d’échauffement, soit par des règles de vérification issues d’une conception ayant déjà satisfait aux essais de type. Point essentiel : un calcul de déclassement est un outil de conception, pas un certificat de vérification. Le courant assigné de l’ensemble est la valeur qui reste dans les limites vérifiées.
Sept recommandations utiles en pratique
- Retenir la température ambiante du cas le plus défavorable, non une moyenne annuelle
- Séparer la gaine à barres de la zone câbles pour éviter l’accumulation d’air chaud
- Monter les barres à fort courant sur chant plutôt qu’à plat
- En barres parallèles, laisser un entrefer au moins égal à l’épaisseur de barre
- Rapprocher le centre de charge de l’arrivée pour raccourcir le cheminement
- Dans les enveloppes étanches, prévoir une ventilation forcée par ventilateur filtré ou échangeur
- Enregistrer un relevé thermographique à la mise en service comme référence
Points clés: capacité de courant des jeux de barres
- Pourquoi la valeur catalogue n’est pas directement utilisable — Les tableaux de catalogue sont établis pour des conditions de référence définies : en général 35 °C ambiants, air libre, montage vertical, barre unique et état de surface précisé.
- Calcul de déclassement pas à pas — La logique est simple : on part de la capacité en conditions de référence et on la multiplie par tous les coefficients applicables pour obtenir la capacité réelle.
- Limites d’échauffement et CEI 61439 — La CEI 61439-1 fixe des limites d’échauffement pour les différentes parties d’un ensemble.
- Source normative — catalogue des publications IEC: iec.ch.
Questions fréquentes
De quelle norme viennent les coefficients de déclassement ?
Il n’existe pas de table universelle unique. La CEI 61439-1 donne le cadre de vérification, tandis que les tables de courant et les coefficients correctifs proviennent des données vérifiées du fabricant de barres ou des essais de type du constructeur du tableau. C’est pourquoi deux fournisseurs peuvent annoncer des valeurs différentes pour une même section.
Deux barres en parallèle doublent-elles la capacité ?
Non. Dès que deux barres sont voisines, l’effet de proximité et le réchauffement mutuel limitent généralement la capacité à 1,7 à 1,9 fois celle d’une barre seule. Un entrefer améliore ce rapport.
Que faire avec des charges riches en harmoniques ?
Un fort taux d’harmoniques augmente la résistance effective et peut porter le courant de neutre au-delà des prévisions. Dans les installations où le rang 3 domine, le neutre doit être dimensionné comme les phases, voire davantage.
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Chez Devpan, nous calculons la capacité des barres selon la température ambiante, l’indice de protection, la disposition de montage et le profil harmonique réels du projet, en restant dans des limites de conception vérifiées. Transmettez votre cahier des charges et nous présenterons les options de section avec une estimation d’échauffement.


